LES PORTES-AVIONS partie 1

LES PORTES-AVIONS partie 1

ATTAQUE DE PEARL HARBOR ET SUCCÈS JAPONAIS 1941-42

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L’amiral Isoroku Yamamoto (4 avril 1884 – 18 avril 1943) est une personnalité marquante de la Seconde Guerre mondiale en commandant les forces navales japonaises pendant la première partie de la campagne du Pacifique. Il a organisé et dirigé l'attaque surprise contre Pearl Harbor.

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 Attaque de l’USS Langley à proximité de Java (Indes orientales néerlandaises) (27 février 1942)

Encouragé par le succès britannique à Tarente et dans le cadre de l’expansion impériale, l’amiral Isoroku Yamamoto lance une task-force (Kidô Butai) comprenant 6 de ses meilleurs porte-avions : le Kaga, l’Akagi, le Soryu, le Hiryu, le Shokaku et le Zuikaku contre la Flotte du Pacifique américaine à Pearl Harbor. Avant l’aube du 7 décembre 1941, plus de 350 chasseurs Mitsubishi A6M Zero, bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N Kate et bombardiers en piqué Aichi D3A décollent des porte-avions japonais. Leur attaque commence à 7 heures 30 du matin. La 1re vague touche les bases aériennes autour de l’île d’Oahu afin de détruire la défense antiaérienne américaine. Les avions continuent sur Pearl Harbor pour attaquer les navires de ligne au mouillage. En deux heures, 8 cuirassés, 3 croiseurs, 3 destroyers, 4 autres navires et 250 avions sont coulés ou endommagés. Les pertes américaines comprennent 2 400 morts et 1 200 blessés. La surprise de l’attaque japonaise est si complète que seulement 29 avions japonais sont perdus. Par chance, les porte-avions américains ne sont pas au port : l’USS Saratoga est sur la côte ouest pour réparations, et l’USS Enterprise et l’USS Lexington convoient des avions jusqu’aux îles Midway.

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 Un bombardier-torpilleur Nakajima B5N Kate est catapulté du Shokaku en direction de Pearl Harbor (7 décembre 1941)

Après son succès à Pearl Harbor, la Kidô Butai poursuit ses opérations dans le Pacifique, qui la mènent à la prise de Wake, de Guam, des îles Gilbert, de Hong Kong et des Philippines. La Royal Navy, redoutant à son tour une attaque sur ses positions sud-asiatiques, fait appareiller la Force Z en direction de Bornéo pour empêcher un éventuel débarquement japonais en Malaisie. Le 10 décembre 1941, au large des îles Anambas, le cuirassé HMS Prince of Wales et le croiseur de bataille HMS Repulse sont repérés par le sous-marin I-65 puis par 3 hydravions. L'aviation japonaise fait décoller 88 avions (dont 61 bombardiers Mitsubishi G3M et 17 bombardiers-torpilleurs Mitsubishi G4M), qui torpillent et coulent les deux bâtiments le long des côtes de Kuantan (Mer de Chine méridionale) faute d'avoir reçu un soutien aérien. Après avoir conquis Singapour, les Japonais se dirigent vers le sud pour prendre possession des champs pétroliers des Indes orientales néerlandaises, battant la flotte de l’ABDA en février et mars 1942 aux alentours de Java, détruisant notamment l’USS Langley le 27 février. Peu avant, le 18 février 1942, 188 avions japonais des porte-avions Kaga, Akagi, Soryu, et Hiryu ou bases à terre attaquent Darwin (Australie), coulant 8 navires et détruisant 18 avions.

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L’aviation embarquée du Shokaku avant la 2e vague de l’attaque de Pearl Harbor. À l’avant-plan, un chasseur Mitsubishi A6M Zero (7 décembre 1941)

Le Japon s’intéresse ensuite à Ceylan et aux côtes de l’Inde, passage stratégique du pétrole du golfe Persique destiné à la Royal Navy. Cette dernière met sur pied une task force comprenant le cuirassé HMS Warspite, 4 navires de la Première Guerre mondiale et les porte-avions HMS Indomitable, Formidable et HMS Hermes. La Marine impériale japonaise envoie une contre-force de 5 porte-avions et de 4 cuirassés pour attaquer les Britanniques à Colombo (Ceylan) : le 5 avril 1942, 315 avions embarqués japonais attaquent la base, mais les navires de la Royal Navy se sont déjà retirés à son Port T sur l’atoll Addu (Maldives), à 480 km au sud. La flotte anglaise monte cependant une contre-offensive mais est défaite par les porte-avions japonais : 80 bombardiers-torpilleurs Mitsubishi G4M attaquent et coulent les croiseurs HMS Cornwall  et HMS Dorsetshire. L’Hermes est également repéré et coulé à proximité de Ceylan le 9 avril. Le Japon contrôle désormais la totalité du Pacifique de l'ouest d’Hawaii à Ceylan.

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Le HMS Hermes, bombardé par l’aviation japonaise, coule au large de Batticaloa (Ceylan) (9 avril 1942)

La contre-offensive américaine (1942)

Les groupes aérien embarqué des porte-avions américains de la Task Force F lancent des contre-attaques qui, bien que limitées, affaiblissent la Kidô Butai. Ainsi, le 1er février 1942, les avions de l’USS Enterprise attaquent Kwajalein (îles Marshall), coulant 3 navires japonais et en endommageant d’autres, tandis que le 21 février, un avion de l’USS Lexington attaque Rabaul (Nouvelle-Guinée) et abat 5 bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N Kate. D’autres raids sur Wake et l’île Marcus, l’un des points extrêmes du Japon, apprennent aux Américains que les aviateurs japonais ne sont pas en contact radio avec leur porte-avions (d’où des attaques souvent désordonnées) et découvrent l’existence de pilotes kamikaze.

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James Harold Doolittle dit Jimmy Doolittle (14 décembre 1896 - 27 septembre 1993) est un pilote américain, pionnier du développement de l'aviation de l'entre-deux-guerres. Officier de l'USAAF pendant la Seconde Guerre mondiale, il conçut et mena en avril 1942 un raid audacieux qui portera son nom, le raid de Doolittle le premier bombardement de Tokyo par les forces américaines.

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Un B-25 Mitchell de l'USAAF lancé de l’USS Hornet lors du raid de Doolittle sur Tokyo (18 avril 1942)

Afin de redonner du moral aux troupes en brisant l’invulnérabilité de l’archipel nippon, le lieutenant-colonel des United States Army Air Forces (USAAF) James H. Doolittle décide d’un raid (le raid de Doolittle) sur le Japon. À l’occasion de son premier tour d’opération de guerre, le Hornet rejoint le 13 avril 1942, au nord d’Hawaii, la Task Force 16 (comprenant l’Enterprise) chargée de son escorte. Le 18 avril 1942 il lance 16 bombardiers B-25 Mitchell pour une attaque moins stratégique que symbolique, destinée à laver l’affront de Pearl Harbor et qui doit surtout avoir un effet psychologique. Après le bombardement de Darwin, l’expansionnisme du Japon Showa le pousse à isoler l’Australie en capturant Port Moresby en Nouvelle-Guinée et Tulagi sur les Iles Salomon. Cependant, les États-Unis ont décrypté le code JN-25 et la Flotte du Pacifique est préparée.

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Le Shoho touché par une torpille d’un avion de l’USS Lexington (7 mai 1942)

Les porte-avions Lexington et Yorktown (Task-Force 17) appareillent avec 140 avions (42 Grumman F4F Wildcat, 74 Douglas SBD Dauntless, 25 TBD Devastator) pour la confrontation avec la Kidô Butai en mer de Corail. De son côté, la force d’invasion japonaise comprend les porte-avions Shokaku et Zuikaku basés à Port Moresby, plus le porte-avions léger Shoho à Tulagi comprenant 147 avions (54 Zero, 42 Aichi D3A, Kate). Les task-forces des belligérants s’affrontent le 7 mai 1942 et les Lexington et Yorktown lancent une attaque de 93 avions et coulent le Shoho de 13 bombes et 7 torpilles. Ayant eu vent du naufrage, les Japonais suspendent leur invasion de Port Moresby et envoient le Shokaku et le Zuikaku à la recherche des porte-avions, lançant 24 bombardier-torpilleur Nakajima B5N Kate, 36 bombardier en piqué Aichi D3A chasseur et 18 Mitsubishi A6M Zero. Par méprise, ils coulent le pétrolier USS Neosho, le destroyer USS Sims  et, plus tard dans la journée, lancent 27 avions qui, la nuit tombée tentent d’apponter sur les Lexington et Yorktown ! À l’aube du 8 mai, les task-forces se rencontrent. Le Zuikaku s’enfuit à la faveur du mauvais temps tandis que le Shokaku est touché par des bombardiers-torpilleurs Douglas SBD Dauntless qui endommagent fortement son pont d’envol. Les derniers avions américains décollent pour défendre leurs porte-avions, mais ils sont en trop petit nombre : seuls 17 Grumman F4F Wildcat sont en l'air.

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Le pont du USS Lexington avec des Douglas SBD Dauntless, des Grumman F4F Wildcat et des TBD Devastator alors que le hangar brûle (8 mai 1942)

Le Yorktown évite 8 torpilles mais est touché par une bombe. Quant au Lexington, une bombe fait exploser ses conduites de fioul et le stock de carburant aéronautique, embrasant le porte-avion de l’intérieur. Plutôt que de le laisser tomber en mains ennemies, il est abandonné avec la plupart de son équipage de 3 000 hommes et coulé par ses destroyers d’escorte. La bataille de la mer de Corail se termine par un match nul avec un porte-avions coulé et un endommagé dans chaque camp. Il en sera tout autrement aux îles Midway, un mois plus tard.

Midway : la chance tourne (1942)

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Raymond Ames Spruance (3 juillet, 1886 - 13 décembre, 1969) était un amiral de la Marine des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Artisan de la victoire américaine lors de la bataille de Midway, il dirigea un grand nombre d'offensive dans le cadre de la campagne du Pacifique.

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Onze TBD de la VT-6 sur le pont d’envol de l’USS Enterprise peu avant l’attaque. Beaucoup seront abattus (4 juin 1942)

À l’origine, l’amiral Yamamoto désire attaquer les îles Midway, au centre du Pacifique, avant Port Moresby et Tulagi, avec pour but la destruction des porte-avions américains. Finalement, ce n'est qu'en juin 1942 que Yamamoto monte une opération de diversion aux Îles Aléoutiennes afin d'attirer les porte-avions américains, où les attendraient les Kaga, Akagi, Soryu et Hiryu. Pendant ce temps-là, les îles Midway seraient envahies par 12 transports de troupes, 2 cuirassés, le porte-avions Zuiho et la propre task-force à 7 cuirassés de Yamamoto.

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Frank Jack Fletcher, né le 29 avril 1885 à Marshalltown, Iowa, et mort le 25 avril 1973 à Bethesda, Maryland, est un amiral de la Marine des États-Unis qui a combattu pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale.

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L’USS Lexington est abandonné par son équipage (8 mai 1942)

Ayant décrypté le code JN-25, la TF 16 (USS Enterprise et USS Hornet sous le commandement de l’amiral Raymond Spruance) et la TF 17 (composée du désormais rafistolé USS Yorktown sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher) se positionnent à 500 km au nord-est des îles Midway pour attendre la flotte japonaise. Les groupes aériens totalisent 232 avions (111 SBD, 42 TBD Devastator, 79 Widcat) plus, sur l’atoll même, 119 avions de l’US Navy, des USAAF et des US Marine Corps, parmi lesquels les premiers bombardiers-torpilleurs TBF Avenger.

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Chūichi Nagumo) (25 mars 1887 - 6 juillet 1944) est un personnage important de la Marine impériale japonaise au début de la guerre du Pacifique.

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Le Hiryu en feu, avant d'être sabordé (5 juin 1942)

Du côté japonais, on dispose de 297 avions (120 Zero, 84 D3A1, 93 Kate). L’affrontement débute le 4 juin 1942 par une pagaille au sein des groupes aériens de la TF 16, qui se trouvent séparés et incapables de localiser les navires japonais et de la TF 17 où tous les TBD de la flottille VT-8 sont abattus sans placer une seule torpille, ainsi que 10 TBD de la VT-6 et les 12 TBD de la VT-3, si bien que les SBD arrivent sans escorte aérienne ! Le vice-amiral Chuichi Nagumo, mal informé, ordonne à deux reprises de modifier l’armement des avions qui encombrent les ponts d’envol de ses porte-avions tandis que les Zero, à court de carburant, demandent à apponter. C’est alors que surgissent les SBD qui larguent 39 bombes. Le Soryu est touché à 3 reprises, le Kaga 4 fois et tous deux coulent dans les heures qui suivent, tandis que l’Akagi est sabordé le 5 juin à l’aube. Non repéré, l’Hiryu endommage sérieusement le Yorktown, qui est achevé par le sous-marin I-168. L’Hiryu est finalement touché de 4 bombes lancées par des SBD et doit être sabordé. Finalement, en une vingtaine d’heures, la Marine impériale japonaise perd 4 porte-avions, un croiseur, 253 avions et 3 057 hommes (dont de nombreux pilotes expérimentés), contre un porte-avions, un destroyer, 98 avions et 307 hommes du côté américain. Yamamoto, qui avait fait la prédiction que le Japon aurait le dessus pendant six mois à un an avant d'être débordé par l’US Navy, avait raison : six mois après l’attaque de Pearl Harbor, l'expansionnisme du Japon Showa est définitivement stoppé dans le Pacifique Sud. La bataille de Midway est une victoire décisive.



28/12/2014
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