LES PORTES-AVIONS partie 1

LES PORTES-AVIONS partie 1

CONTRE OFFENSIVE AMÉRICAINE EN 1942

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James Harold Doolittle dit Jimmy Doolittle (14 décembre 1896 - 27 septembre 1993) est un pilote américain, pionnier du développement de l'aviation de l'entre-deux-guerres. Officier de l'USAAF pendant la Seconde Guerre mondiale, il conçut et mena en avril 1942 un raid audacieux qui portera son nom, le raid de Doolittle le premier bombardement de Tokyo par les forces américaines.

Les groupes aérien embarqué des porte-avions américains de la Task Force F lancent des contre-attaques qui, bien que limitées, affaiblissent la Kidô Butai. Ainsi, le 1er février 1942, les avions de l’USS Enterprise attaquent Kwajalein (îles Marshall), coulant 3 navires japonais et en endommageant d’autres, tandis que le 21 février, un avion de l’USS Lexington attaque Rabaul (Nouvelle-Guinée) et abat 5 bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N Kate. D’autres raids sur Wake et l’île Marcus, l’un des points extrêmes du Japon, apprennent aux Américains que les aviateurs japonais ne sont pas en contact radio avec leur porte-avions (d’où des attaques souvent désordonnées) et découvrent l’existence de pilotes kamikaze.

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Afin de redonner du moral aux troupes en brisant l’invulnérabilité de l’archipel nippon, le lieutenant-colonel des United States Army Air Forces (USAAF) James H. Doolittle décide d’un raid (le raid de Doolittle) sur le Japon. À l’occasion de son premier tour d’opération de guerre, le Hornet rejoint le 13 avril 1942, au nord d’Hawaii, la Task Force 16 (comprenant l’Enterprise) chargée de son escorte. Le 18 avril 1942 il lance 16 bombardiers B-25 Mitchell pour une attaque moins stratégique que symbolique, destinée à laver l’affront de Pearl Harbor et qui doit surtout avoir un effet psychologique. Après le bombardement de Darwin, l’expansionnisme du Japon Showa le pousse à isoler l’Australie en capturant Port Moresby en Nouvelle-Guinée et Tulagi sur les Iles Salomon. Cependant, les États-Unis ont décrypté le code JN-25 et la Flotte du Pacifique est préparée. Les porte-avions Lexington et Yorktown (Task-Force 17) appareillent avec 140 avions (42 Grumman F4F Wildcat, 74 Douglas SBD Dauntless, 25 TBD Devastator) pour la confrontation avec la Kidô Butai en mer de Corail. De son côté, la force d’invasion japonaise comprend les porte-avions Shokaku et Zuikaku basés à Port Moresby, plus le porte-avions léger Shoho à Tulagi comprenant 147 avions (54 Zero, 42 Aichi D3A, Kate).

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Les task-forces des belligérants s’affrontent le 7 mai 1942 et les Lexington et Yorktown lancent une attaque de 93 avions et coulent le Shoho de 13 bombes et 7 torpilles. Ayant eu vent du naufrage, les Japonais suspendent leur invasion de Port Moresby et envoient le Shokaku et le Zuikaku à la recherche des porte-avions, lançant 24 bombardier-torpilleur Nakajima B5N Kate, 36 bombardier en piqué Aichi D3A chasseur et 18 Mitsubishi A6M Zero. Par méprise, ils coulent le pétrolier USS Neosho, le destroyer USS Sims  et, plus tard dans la journée, lancent 27 avions qui, la nuit tombée tentent d’apponter sur les Lexington et Yorktown ! À l’aube du 8 mai, les task-forces se rencontrent. Le Zuikaku s’enfuit à la faveur du mauvais temps tandis que le Shokaku est touché par des bombardiers-torpilleurs Douglas SBD Dauntless qui endommagent fortement son pont d’envol. Les derniers avions américains décollent pour défendre leurs porte-avions, mais ils sont en trop petit nombre : seuls 17 Grumman F4F Wildcat sont en l'air. Le Yorktown évite 8 torpilles mais est touché par une bombe. Quant au Lexington, une bombe fait exploser ses conduites de fioul et le stock de carburant aéronautique, embrasant le porte-avion de l’intérieur. Plutôt que de le laisser tomber en mains ennemies, il est abandonné avec la plupart de son équipage de 3 000 hommes et coulé par ses destroyers d’escorte. La bataille de la mer de Corail se termine par un match nul avec un porte-avions coulé et un endommagé dans chaque camp. Il en sera tout autrement aux îles Midway, un mois plus tard.

Midway : la chance tourne (1942)

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À l’origine, l’amiral Yamamoto désire attaquer les îles Midway, au centre du Pacifique, avant Port Moresby et Tulagi, avec pour but la destruction des porte-avions américains. Finalement, ce n'est qu'en juin 1942 que Yamamoto monte une opération de diversion aux Îles Aléoutiennes afin d'attirer les porte-avions américains, où les attendraient les Kaga, Akagi, Soryu et Hiryu. Pendant ce temps-là, les îles Midway seraient envahies par 12 transports de troupes, 2 cuirassés, le porte-avions Zuiho et la propre task-force à 7 cuirassés de Yamamoto. Ayant décrypté le code JN-25, la TF 16 (USS Enterprise et USS Hornet sous le commandement de l’amiral Raymond Spruance) et la TF 17 (composée du désormais rafistolé USS Yorktown sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher) se positionnent à 500 km au nord-est des îles Midway pour attendre la flotte japonaise.

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Frank Jack Fletcher, né le 29 avril 1885 à Marshalltown, Iowa, et mort le 25 avril 1973

Les groupes aériens totalisent 232 avions (111 SBD, 42 TBD Devastator, 79 Widcat) plus, sur l’atoll même, 119 avions de l’US Navy, des USAAF et des US Marine Corps, parmi lesquels les premiers bombardiers-torpilleurs TBF Avenger. Du côté japonais, on dispose de 297 avions (120 Zero, 84 D3A1, 93 Kate). L’affrontement débute le 4 juin 1942 par une pagaille au sein des groupes aériens de la TF 16, qui se trouvent séparés et incapables de localiser les navires japonais et de la TF 17 où tous les TBD de la flottille VT-8 sont abattus sans placer une seule torpille, ainsi que 10 TBD de la VT-6 et les 12 TBD de la VT-3, si bien que les SBD arrivent sans escorte aérienne ! Le vice-amiral Chuichi Nagumo, mal informé, ordonne à deux reprises de modifier l’armement des avions qui encombrent les ponts d’envol de ses porte-avions tandis que les Zero, à court de carburant, demandent à apponter. C’est alors que surgissent les SBD qui larguent 39 bombes.

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Le Soryu est touché à 3 reprises, le Kaga 4 fois et tous deux coulent dans les heures qui suivent, tandis que l’Akagi est sabordé le 5 juin à l’aube. Non repéré, l’Hiryu endommage sérieusement le Yorktown, qui est achevé par le sous-marin I-168. L’Hiryu est finalement touché de 4 bombes lancées par des SBD et doit être sabordé. Finalement, en une vingtaine d’heures, la Marine impériale japonaise perd 4 porte-avions, un croiseur, 253 avions et 3 057 hommes (dont de nombreux pilotes expérimentés), contre un porte-avions, un destroyer, 98 avions et 307 hommes du côté américain. Yamamoto, qui avait fait la prédiction que le Japon aurait le dessus pendant six mois à un an avant d'être débordé par l’US Navy, avait raison : six mois après l’attaque de Pearl Harbor, l'expansionnisme du Japon Showa est définitivement stoppé dans le Pacifique Sud. La bataille de Midway est une victoire décisive.

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La bataille de Guadalcanal

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En entamant la construction d’aérodromes sur Guadalcanal et Rabaul, la marine impériale japonaise a l’ambition de transformer la chaîne des îles Salomon, protectorat britannique en une base stratégique visant à perturber les communications maritimes entre les États-Unis et l’Australie. Les Alliés, connaissant les plans japonais, débutent le 7 août 1942 une offensive majeure en envoyant une force de débarquement amphibie de 80 navires à Guadalcanal (Operation Watchover). Les avions de l’USS Enterprise (TF 16), de l’USS Saratoga (TF 11) et de l’USS Wasp (TF 18) prennent position à proximité de l’île afin de procurer une couverture aérienne à plus de 16 000 marines. Ces derniers ont à subir des attaques aériennes journalières jusqu’au 20 août 1942, date à laquelle le porte-avions d’escorte USS Long Island livre deux escadrons de Widcat et de SBD à Henderson Field (Cactus Air Force), l’aérodrome situé au nord-est de Guadalcanal.

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La bataille des Salomon orientales débute le 23 août lorsqu'une task-force japonaise composée de destroyers, de transports de troupes, de 2 cuirassés et des porte-avions Shokaku, Zuikaku et Ryujo approche l’île. Le Wasp, l'Saratoga, l’Enterprise et le cuirassé North Carolina partent à la rencontre de la flotte ennemie. Le 24, les Japonais commencent à attaquer Henderson Field avec des avions de leur base de Rabaul et du Ryujo, qui est coulé de 10 bombes et une torpille. Le Shokaku et le Zuikaku attaquent de 3 bombes l’Enterprise, mais sans gravité, tandis que les avions du Saratoga endommagent gravement le transport d'hydravions Chitose. L’invasion, repoussée un temps, n’entraine pas moins les torpillages du Saratoga le 30 août (il regagne Pearl Harbor pour réparations) et du Wasp le 15 septembre (qui doit être abandonné), laissant le Hornet seul. La 2 vague d’invasion japonaise, dénommée bataille des îles Santa Cruz débute en octobre 1942. Les porte-avions Shokaku, Zuikaku, Zuiho et Junyo appareillent en direction des îles Santa Cruz, où ils sont attaqués le 26 octobre par des bombardiers-torpilleurs de l’Enterprise et du Hornet, qui sont à leur tour touchés, non sans mettre le Shokaku hors-service pour 9 mois. Le Hornet, attaqué à plusieurs reprises par plusieurs bombes et 2 torpilles, doit être abandonné (il sera coulé par des destroyers japonais), si bien que l’US Navy ne dispose une nouvelle fois que d’un seul porte-avions dans le Pacifique, bien que la Royal Navy met l'HMS Victorious à disposition.

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À proximité de Guadalcanal, un SBD survole l’USS Enterprise avec l’USS Saratoga en arrière-plan (19 décembre 1942)

Une dernière tentative d’invasion est repoussée par les avions de l’Enterprise et d’Henderson Field les 13-14 novembre. Début 1943, les Japonais commencent à évacuer 11 000 de leurs 30 000 soldats. Le 9 février, Guadalcanal est entièrement aux mains des Marines. Dès lors, la machine industrielle américaine se met en branle, permettant d'élargir la brèche ouverte dans le Pacifique avec la victoire de la bataille de Midway. La reconquête peut commencer.

Le débarquement en Afrique du Nord.

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En 1942, les forces américano-britanniques défendent toujours le ravitaillement de Malte tout en préparant un débarquement massif en Afrique du Nord occupée par les Allemands et les Italiens. Le 10 août 1942, 14 navires marchands pénètrent en Méditerranée, escortés par les porte-avions HMS Victorious, HMS Indomitable et HMS Eagle. Le HMS Furious suit, transportant 36 Supermarine Spitfire destines à la Royal Air Force à Malte (Operation Pedestal). Le lendemain, 4 torpilles lancées de l’U-73 touchent par surprise l’Eagle, qui coule en 10 minutes avec 200 marins. Le 12 août, les bombardiers allemands et italiens basés à terre attaquent le convoi : deux bombes touchent sans dommage le Victorious, tout comme le pont d’envol de l’Indomitable, tuant 50 marins. Avant d’atteindre Malte, le convoi est de nouveau attaqué mais 5 de ses 14 navires s’en sortent, dont le plus grand pétrolier d’alors, le SS Ohio.

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En coulant 9 cargos, 2 croiseurs, un porte-avions et un destroyer, l’attaque du convoi est un succès tactique pour l’Axe et est nommée par les Italiens Vittoria del mezz'agosto (la victoire de la mi-août). Néanmoins, une fois les sous-marins et les Bristol Beaufort et Bristol Beaufighter basés à Malte ravitaillés, ils sont capables de perturber l’approvisionnement de l’Afrika Korps de Rommel. Le 8 novembre 1942, les Alliés sont prêts à l’Opération Torch, c’est-à-dire l’invasion de l’Afrique du Nord. L’ensemble des troupes terrestres est placée sous la responsabilité du général Dwight Eisenhower tandis que les forces navales sont commandées par l’amiral Sir Andrew Cunningham avec pour adjoint l’amiral Sir Bertram Ramsay, concepteur de l’opération à partir des notes du colonel Germain Jousse, membre de l'organisation de résistance d'Alger.

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Les forces comprennent 107 000 hommes, 200 bâtiments de guerre (dont 12 porte-avions), 110 navires de transport et 500 avions. Elle se divise en 3 forces ayant pour mission d'établir 9 têtes de pont sur près de 1 500 km de côtes. Les forces ouest, sous le commandement du vice-amiral Henri Hewitt, comprennent l’USS Ranger et les porte-avions d'escorte USS Sangamon, USS Chenango, USS Suwanee et USS Santee chargés de capturer Casablanca à l’aide de Wildcat, de bombardiers Douglas SBD Dauntless et de bombardiers-torpilleurs Avenger.

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Germain Jousse 1885-1988

Les forces du centre, commandées par le contre-amiral Sir Thomas Troubridge, comprennent l’HMS Furious et les porte-avions d'escorte HMS Biter et HMS Dasher, qui couvrent les débarquements à Oran grâce aux bombardiers-torpilleurs Fairey Albacore et aux chasseurs Hawker Hurricane. Les forces est, commandées par le vice-amiral d'escadre Sir Harold Burrough, comprennent l’HMS Argus et le porte-avions d'escorte HMS Avenger, qui participent aux attaques sur Alger avec les chasseurs Seafire et Hawker Hurricane. Enfin, au large, les Victorious and Formidable empêchent les interventions de la Regia Marina. Les débarquements suscitent peu d’opposition et au mois de mai 1943, l’influence de l’Axe en Afrique du Nord a cessé.

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Escorté de 2 destroyers, le pétrolier SS Ohio entre dans le port de Malte (15 août 1942)

 

 

 

 



29/12/2014
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